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Hip hippo ! Megalo !

Publié le par SILYA

Notre histoire se déroule dans un petit coin paum…tranquille… On ne sait où, on ne sait quand. Ce que l’on peut dire, pourtant, c’est qu’il ne s’y passe rien de bien spécial. Les jours défilent dans un train-train monotone et chaque lendemain ressemble à la veille.

Cependant… on ne sait comment… une foire a commencé à s’y installer. Ils avaient sûrement dû se perdre et décider alors d’en tirer quelque profit…

Les stands se montent, les enclos s’érigent, la sono s’installe et les tests font vibrer les alentours. Le bouche à oreille et les affiches rameutent des curieux. Les gens de ce petit patelin se pressent devant cette foire miraculeuse, rompant le quotidien et aiguisant leur soif d’évènements.

Mais notre histoire ne se résume pas à cette apparition, sûrement pas ! Allons, venez donc, approchez-vous et regardez… Nous y voyons les habituelles attractions et attrape nig… curieux… des jetons, des cibles… des peluches en pagaille et des cris de joie. Mais ce n’est pas tout ! Nous y trouvons également tout un panel d’animaux. Cette foire est bien spéciale… ce n’est ni un zoo ni une fête foraine mais, au final, elle est tout cela à la fois ! Si, si ! Venez voir…

On y trouve des insectes et des reptiles… des petits animaux de ferme, des chevaux et quelques singes… des oiseaux également, des plus communs au plus rares et prestigieux ! Et … Oh, oh ! Regardez par là … Voici deux hippopotames qui baillent et se prélassent au soleil… en attendant l’ouverture de la foire !

- MESDAMES ! MESDEMOISELLES ! MESSIEURS !

- Hé t’as vu ! voilà qu’c’est r’parti pour un tour… !

- Ô… Jouuhaa !!

- BIENVENUE A NOTRE FOIRE FABULEUSE !

- oh oui oui oui, ils arrivent !!

- C’qui faut pas entendre comme conn… bêtise ! Mettez la en sourdine, y’en a qui veulent dormir !

- Roooh Rita, fais toi une raison, nous sommes exotiques, nous sommes beaux !

- Tito… un jour tes pattes ne passeront plus par l’enclos, t’es désespérant !

- Qu’est-ce que tu racontes Rita ! Profite de ce moment ! Extasie-toi avec moi !

- Laisse-moi dormir, Tito, bordel !!

- VOUS AUREZ LA CHANCE, QUE DIS-JE ! LA JOIE ULTIME ET INCONTESTEE

- bla bla bla…. waaaaaaaaaah

Tito baille de toute sa gueule grande ouverte… il baille d’ennui, il baille de fatigue. Il est habitué à la routine du showbizz !

- Aoutch j’ai bien failli me déboiter la gueule. Dur dur d’être une star

- Une star… j’préfèrerai être sourde plutôt qu’ça…

- DE DECOUVRIR TOUT AU LONG DE CE PERIPLE SAUVAGE

- Rooooaaaaarrr ! euuh non…. Waaaaaah je baiillleeeee !

- DES ESPECES ANIMALES RARES ET MAJESTUEUSES !!

- Aaah ! Je suis Superbe donc j’Existe… Ah douce quintessence d’être Suprême !

- Oh, Tito !! Ta grande gueule et toi êtes exaspérants !

- ALLEZ, ALLEZ MESDAMES, MESDEMOISELLES, MESSIEURS !!

- Toute ma flopée de fan, réunie, aaah j’entends déjà ce qu’ils vont dire ! « oooh comme il est grand ! ooooh comme il est beau ! Si fort et si majestueux ! » Je sais, je sais… vous bousculez pas, y’en aura pour tout le monde. Aaaah la classe ! J’ai le look hippo, en place dans ma mare, royal orné de boue !

- APPROCHEZ-VOUS ! APPROCHEZ ! EN EXCLUSIVITE CHEZ NOUS VOUS POURREZ APPROCHER ET ADMIRER LE PLUS BEAU SPECIMEN DE TOUS LES TEMPS !!

- Ca y est… c’est Mon Moment ! Voici venir le point culminant de toute ma Gloire !

Tito est fier, Tito attend ce moment depuis fort longtemps ! Mais Rita, qui garde les pattes sur terre essaie de le prévenir… en vain…

- Euh… Tito … ?

Tito trépigne d’impatience… La Star peut enfin émerger ! Il va leur montrer toute la beauté et la puissance de son espèce ! Il prend une grosse goulée d’air et…

- Vous allez voir, jvais vous en mettre plein la vue... Voyez… alors… je parade… hop.. hop.. hop… et un… petit tour… dans la mare... ah-ah ! j’ai disparu… sous l’eau… wouhou… cherchez moi ! Wouha, je suis là ! hop.. hop.. hop… j’ai disparu ! hop.. hop.. hop… je reparais ! hop.. hop.. hop je….

- …Tito… ?

Tito cherche de droite et de gauche, fébrilement… les fans ?! Mais… Où ?!

- Mais… mais où sont-ils ?? Où sont MES fans ?!

- Euh… Tito… Regarde… là-bas…!

- Qu… Quoi donc ?!

- ET LE VOICI ! MESDAMES, MESDEMOISELLES, MESSIEURS !! UN TIGRE DU BENGALE BLANC !! EN EXCLUSIVITE POUR VOUS !! POUR VOS YEUX EBAHIIIS !!

- hé merrrrr….

- HEEEE OUIIII ! VENEZ ADMIRER CE GRAND ET MAGNIFIQUE FELIN !!!!

Tout au centre de cette foire, une cage énorme attire toute l’attention. A l’intérieur de celle-ci, le tigre dort, au soleil. Il se prélasse, indifférent à ce qui se trame tout autour de son Univers. Il rêve de lui, il rêve de son espèce. Il rêve de ses ancêtres qui courraient librement… il entrouvre un œil, regarde les humains et se rendort… blasé par cette agitation.

Qu’il est difficile en ce monde d’attirer de la convoitise lorsque l’on ne fait pas partie des Félins et que, même avec tous les efforts du monde on ne saurait se mettre à la hauteur de la fainéantise de ces grands prédateurs… adulés sans la moindre transpiration.

Courage, Tito, un jour les curieux sauront s’ébahir devant tes prouesses artistiques. Mais, en attendant, petit Hippo… prends garde à tes idées Mégalo.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, nous vous remercions d’avoir partagé avec nous cette petite histoire de pas grand-chose située on ne sait où… on ne sait quand…

(Courage, Tito !!!)

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Chienne de Vie

Publié le par SILYA

Je t’aime, je t’attends, je t’appartiens.

La première fois que je t’ai vu, la première fois que tu m’as vu… Cet instant unique nous a liés pour toujours. Tu m’as amené chez toi, tu m’as ouvert ta porte. J’étais intimidé mais, gentiment tu m’as parlé. Tu m’as dit qu’ici c’était mon nouveau foyer et que tous ensemble nous allions y vivre. Ah, quelle joie d’être parmi les tiens ! Je me souviens de ton regard affectueux lorsque tu m’as fait visiter les lieux. Je me souviens de cette odeur de nouveauté, j’étais si jeune, si émerveillé ! Tu m’as nourri avec soin, tu m’as appris à jouer et même à t’obéir. Tu m’as offert les clés de ton cœur, tu m’as fait une place en or dans ta famille.

Je t’aime, je t’attends, je t’appartiens.

J’étais joueur, craintif, admiratif et audacieux à tes côtés. Tes petits me cajolaient et toujours je gardais un œil sur eux, afin qu’ils soient en sécurité. Tu sais, à ce moment précis où tu m’as fait rentrer dans ta vie, j’ai eu la certitude que la mienne te serait vouée à jamais. Et c’est bien là la moindre des choses après tout ce que tu m’as apporté ! Te souviens-tu de nos balades ? De nos courses effrénées ? Oh comme nous avons ri, ensemble, portés par les effluves de l’océan. Et nous roulions sur le sable chaud de la plage, nous roulions sur l’herbe dans notre parc favori tels deux jeunes chiots découvrant la vie !

Je t’aime, je t’attends, je t’appartiens.

Toutes les nuits je ne dormais que d’un œil, j’écoutais, je sentais le silence de notre sécurité. D’une oreille attentive j’entendais ta respiration, calme et confiante. Oh parfois cela t’arrivait d’être troublé dans ton sommeil et à ces moments-là je plaçais ma tête contre ton torse, sur ton cœur palpitant de chagrin. J’étais fort, j’étais ton protecteur. Chaque matin, lorsque les oiseaux, au lever du soleil, se mettaient à chanter, j’étais en joie, c’était mon moment préféré de la journée ! Je savais que la maisonnée allait bientôt s’éveiller à ce jour nouveau ! Nous préparions le petit déjeuner, nous nous occupions de tes enfants enfin… je t’accompagnais à chacune de ces activités, tu n’avais pas besoin de moi pour agir mais je savais que ma présence te réconfortait.

Je t’aime, je t’attends, je t’appartiens.

Tu m’apprenais les limites à ne pas dépasser et moi, obéissant et fidèle je les respectais. Et tu m’as permis de me mouvoir en tout liberté. Quand je voyais les autres tristes et enchainés je ne pouvais m’empêcher de penser qu’avec toi j’étais libre et heureux. Quel veinard j’étais ! Bien sûr je ne pouvais pas te suivre à ton travail et, pendant ce temps, je tenais fièrement notre territoire. Et le soir, après le repas nous partions tous les deux, voguant dans les rues, traversant les allées. Après cela, enfin tu te posais tranquillement devant ta télévision et moi je venais me blottir contre toi, la tête sur tes genoux. Tes tendres caresses étaient alors de douces promesses que pour toujours nous serions heureux. Le sommeil, lourd et confiant, m’emportait dans des rêves où je chérissais nos souvenirs.

Je t’aime, je t’attends, je t’appartiens.

J’étais ton confident. J’étais ton meilleur ami. Celui vers qui tu te tournais lorsque tu avais des ennuis. De nombreux hivers ont passé ainsi, de nombreux printemps ont marqué ma vie. Je me souviens de ce matin, dans une période où nous étions tous ensemble, toute la journée à la maison. Je me souviens de ce matin, donc, où toute la maisonnée était folle d’activité ! Les rires fusaient, vous prépariez vos bagages, tes petits trépignaient et, dans ton regard il y avait…

Oh comme je t’aime, comme je t’attends et comme je t’appartiens !

Dans ton regard il y avait cette chose étrange. Une chose qui ne s’y trouvait jamais auparavant ! Cet air me donnait envie de hurler à la mort mais toujours et malgré tout, je t’ai fait confiance ! Tes yeux étaient sombres, comme voilés de tristesse et tu n’osais plus me regarder. Je pensais que quitter ton foyer te mettait l’âme en peine mais que puisque nous serions toujours ensemble, cela ne durerait guère… Et pourtant… Enfin, nous avons chargé la voiture, nous y avons pris place. Tu as roulé longtemps, les yeux fixés sur la route et de ma gorge, des gémissements, montaient sans que je les contrôle. Au fur et à mesure des kilomètres parcourus l’air me semblait saturé… étouffant. Comme si nous approchions d’une destinée qui nous volerait nos beaux moments.

Oh comme je t’aime, comme je t’attends et comme je t’appartiens !

Tu as pris un petit chemin, obscur, caché. Nous nous enfoncions dans une forêt dont les odeurs m’assaillaient. Je ne tenais plus en place mais j’étais comme pétrifié et toujours ma gorge trahissait mon angoisse… ces instants redoutés. Tu as arrêté la voiture. Tu es descendu. Tu as ouvert la portière de mon côté. Tu m’as mis… quelque chose autour du cou… un collier ? J’essayais de capter ton regard, de lire au fond de tes pensées. Tout en m’attrapant par ce collier tu y as fixé une longue corde et puis tu m’as trainé pour m’enchainer à un arbre. Mes griffes grattaient le sol, ma gueule me démangeait et tout au fond de moi… ce hurlement de mort a surgi de mes tripes. Mes entrailles me brûlaient, ma gorge me faisait mal et tant et si fort je tirais sur ses entraves que, jamais tu ne m’avais imposées. Je t’ai senti te figer, me tournant le dos. J’ai vu tes épaules frémir mais tu t’en es allé. Si seulement j’avais pu te voir une dernière fois, si seulement tu avais pu me regarder… Tu aurais lu dans mon regard tout mon amour, toute ma dévotion. Tu aurais vu dans mon regard que sans toi la vie n’aurait aucune raison…. Les jours ont passé, autour de cet arbre. Les journées se sont achevées sur mon âme esseulée. Et si tu avais su qu’à jamais ma vie serait tienne… Te serais tu retourné ?

Car…

Je t’aime, je t'attends… je t’appartiens jusqu’à la mort.

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Le Caméléon Schizophrène et la Petite Truite

Publié le par SILYA

Le monde est coloré... je suis le monde ! Le monde est coloré.... je suis le monde !! Je suis le jaune, le vert... le bleu et puis le violet ! Je ... Je suis chacun et tous à la fois ! Je suis le monde...

Herbert, le Caméléon parcourt le monde... il rampe, il trottine, il est lui et autre. Je disais donc... je me balade, j’explore mon univers, je me reflète en chaque chose. Tu disais donc... que tu te prélasses au soleil, que tu profites de l'ombre... que tu te délectes d'être multiple et sans fin. Enfin... nous disions donc ! Que la forêt est notre univers... nous sommes une feuille de chêne nous sommes un arbrisseau, nous sommes... Hum... il me semble que vous disiez donc que vous existez en toute chose, dans la forêt, dans l'univers, dans...

Attendez ! Je me perds quelque peu là...
Hé ! Pourquoi dis-tu cela... ? Tu es là donc... tu n'es pas perdu !!
Quoi ?
Hum... Rembobinons un peu la scène, voulez-vous ? (non !)

Euh... où en étions-nous ? Ah oui ! Nous disions donc qu’Herbert le Caméléon vit ici, dans cette forêt !
Il... je me promène dans cette forêt, oui voilà...
Où ça ?
Hum... Bref.

Tiens, il a une petite faim. Voyons voir... alors... ah j'ai trouvé le menu ! Nous avons un petit insecte qui se trémousse non loin d'ici. Oui oui oui vous avez grand faim ! Miam ! Herbert gobe son repas et tu t’en lèche les... babines ? Le ... museau ... ? Bon ! Les termes se mélangent.

Où ai-je mis ma tête ?
Herbert... elle est dans l’entière et stricte continuation de ton corps...
Ca y est !
Bon... reprenons notre balade !

Herbert est un animal bien curieux et excentrique. D'ailleurs le reste des habitants de la forêt l'épie et guette ces moments où il apparait.

Une chouette, par exemple, demande à ses amis :
« Où est Herbert aujourd'hui ? »
Et elles lui répondent « tiens, sur la feuille de chêne, là au pied de l'arbre. Le vois-tu ? Il est d'un vert tirant lentement, graduellement, vers le orange... regarde ses yeux globuleux... ils s'agitent, le spectacle va commencer ! »

Je suis une feuille, je suis une feuille... je suis tombée de mon arbre et je change doucement de couleur *nana lala* Tu marches quelque pas, tu es de la mousse *lala nana* je suis tendre, je suis humide... je suis tout doux.... *nana nanana* et je me chatouille les pattes *haha*

Autre exemple, une belette demande à ses petits :
« Avez-vous vu Herbert aujourd'hui ? »
Et ses petits lui répondent
« Oui oui par ici ! On le suit, il va vers le lac »
« Soyez prudent mes petits, ne vous éloignez pas trop, votre papa va bientôt rentrer avec le repas de ce soir ! »
Les petits se précipitent pour rejoindre les traces encore fraiches d'Herbert LE Caméléon !

Ainsi, Herbert se dandine, en rythme, tantôt lentement, tantôt vite... c'est qu'il a son propre rythme, Herbert, là dans sa tête, ça défrise ! Bref... il se dandine, dans la forêt et il fait chaud mais.
Ah, l'air se rafraichit par ici... Allons voir. Herbert se rapproche du lac.

Ce lac a une couleur qui n'appartient pas à son panel illimité. Fais gaffe à ton standing Herbert ! Notre réputation ne doit pas en souffrir, hein ! Nous avons des objectifs en termes de couleur bien stricts à respecter, je me souviens !
Je sais, nous savons, pas besoin de te le rappeler !

Bref, vous disiez ? Ah oui... l'eau. Elle nous attire. Jolie couleur. Couleur que nous n'avons pas... pour le moment !
Allez, je m'y approche et...

« Salut Herbert ! »
« Quoi, qui ça ? »
« Salut Herbert ! »
« Hum ? Où ça ? »

Une petite belette dit à son frère...
« Regarde... Herbert s'affole, on dirait qu'il cherche quelque chose ! Ca tête tourne tourne tourne ! »
Tous les autres animaux hochent la tête et regardent tous Herbert parler seul devant la mare. En cet instant magique et si particulier, et si incroyable et si... les prédateurs, tout comme leurs proies respectives se tiennent côte à côte... dans l'expectative !

« Salut Herbert ! Hé ho ! Je suis là... oui, c'est ça, voilà, baisse les yeux, là, dans l'eau... tu me vois ? »
« Ah ... oh... mais qui es-tu ? »
« Moi ? Mais voyons, Miranda la Petite Truite ! Hé hé ! Veux-tu venir barboter avec moi ? »
« Hem, hé bien… la couleur de cette surface m’intéresse bien… J’dois dire que si j’pouvais m’approcher encore ou la parcourir de mes pattes, j’devrais pouvoir l’acquérir ! »

Herbert se rapproche. Une patte est mouillée… je deviens le lac ! Il se rapproche encore un peu… Tous les animaux retiennent leur souffle… il n’y a plus un bruit dans les alentours et…
Toute cette scène part en tourbillonnant, chaque chose devient unique et se confronte à LA réalité :

« RIIICKKIIIIIIE !!! Viens récupérer ta foutue bestiole !!!!! Ton caméléon s’est encore foutu sur la cuvette des chiottes !! Vraiment, cet animal a décidément un sacré grain !! »

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25 juin 2011 : Seulement nous

Publié le par SILYA

Vivons donc ! Vivons, mon bel amant
Tous ces instants qui forment notre présent !
Rions allons ! Rions tels deux enfants
Lors de ces moments que nous partageons !

A chacun de nos pas s'éveille notre avenir
Et orne dans nos yeux de quoi faire pâlir
Les rancœurs, les quolibets de ces pâles émirs
Qui tentent dans leurs jeux de nous faire frémir

A ces sombres protagonistes, j'offre ma gorge déployée
De mes rires, de mes charmes à peine voilés !
A ces comiques pantins, superbe, je dédie
Mes mimiques, mes atours d'amante alanguie !

Et lorsque tel un chat tu prends toute ta place
En mes bras bien ouverts à toute ton audace
Nous savons tous deux que rien ne menace
Nos grands échanges qui savent être tenaces

Dans ce foyer que nous deux avons élaboré
Sachons enfin prospérer comme il nous agrée
Car dans tes yeux se dévoile, insoupçonné
L'ardent élan de tes mots esquivés

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14 juin 2011 : De mes ancêtres

Publié le par SILYA

Dans mes veines s'écoule le sang des survivants,
Cette sève me lie à des idéaux d'un autre temps.
J'aimerais que mes racines me soutiennent et, pourtant...
Me voici ! Je m'enlise en de bien sordides tourments.

Cette pulsion morbide me fait relativiser l'Important
Comme si vivre jusqu'alors n'était que le rêve d'un enfant :
Si fragile, si éphémère, apparaissant, là, timidement
Le temps de paraître, de s'envoler loin, enfin librement.

D'où l'existence prend-elle son vaste essor ?
A quel point ce destin est-il de notre ressort ?
Et si l'on se contente d'attendre ainsi la mort,
La survie de nos ancêtres n'est d'aucun réconfort.

De tous ces héritages, la faux a coupé les liens
De là à rechercher éperdument, qui, des miens
A fait naître en moi toutes ces ambivalences,
A fait émerger dans mon être cette triste ambiance.

Je ressens leurs cris se noyer dans ma gorge !
A chacun de ces instants où la vie nous forge...
S'ils n'ont su s'exprimer alors, je serai leur voix ;
En leur mémoire, je porterai fièrement ma croix !

Courber l'échine afin de survivre et toujours persévérer
A tromper l'ennemi, avec notre servitude pour l'abuser
Et se soutenir en se souvenant de ces fastes années
Où nous n'étions pas dupes en tentant d'exister.

En pensant à eux j'avancerai envers et contre tout,
Avec la promesse de ne jamais nous trahir en tombant à genou.

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15 Janvier 2011 : Ô Rage !

Publié le par SILYA

Ah ! Un foutage de gueule où se prépare l'orage !
Comme ces fumisteries qui me rendent sauvage !
Devrais-je vous écouter lors de vos commérages ?
Ceux qui éveillent en moi une envie de carnage !

Mon antre se rempli de cette pulsion de rage
Qui, sans cesse se protège de ce grand déballage
Ce sentiment transpire de mon esprit en nage
Venez en savourer le prix de ce pillage

Regardez donc ce ciel et prenez en ombrage !
Sans merci sans détour il jaugera le courage.
Lâches ! Apprenez cette leçon sans âge
Sachez rectifier vos erreurs sans ambages

Déçue, je suis, de vous avoir cru sages
A présent je me souviendrai de cet adage :
« Souvent vous surestimez certains personnages,
Et cela ne se fera jamais sans accrochage »

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09 Décembre 2010 : Oyez !

Publié le par SILYA

Oyez, oyez, braves manants !
Bienvenue à, calinou-land !

Oyez, oyez, tapez gaiement
De vos deux mains, tout en chantant !

Oyez, soyez, encor' somnolant !
Ici le peuple, est toujours gagnant !

Tournez, jouez, tout en simulant
Que la vie, est un beau présent !

Riez, mentez, en vous foutant
De ce que ressentent les gens !

Et trouvez, voyez, dans ces tourments
Le plus humain des ressentiments.

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31 Août 2010 : Ces Pauvres Petits Anges :

Publié le par SILYA

Ces pauvres petits anges.
Les vois-tu ? Ils sont si denses.
Ils fourmillent et ils dansent.
Les sens tu ? Comme en transe.

Et cette vague errance,
Où t'a-t-elle menée ?
De toutes ces ignorances,
Lesquelles te sont contées ?

Vous, vagues iridescences !
Je ne saurais vous contempler
Sans ressentir à la naissance
Les mots dont vous m'exhortez

Et s'il n'y a rien à déclamer
Laissons les vers se nourrir
S'il n'y a qu'à déchanter
Allons, allons donc pourrir

Si la lame ne sait m'atteindre
Me reste t il mes mots ?
Si je n'ai pas à vous craindre
Que reste t il de beau ?

Un jour, ce jour ou l'autre,
Je briserai mes chaînes...
En ce jour, un jour où l'Autre
N'inspirera plus de peine.

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06 Août 2008 : Mon Sourire Narquois

Publié le par SILYA

Mon sourire narquois vous jauge et vous méprise
Par lâcheté, d'aucune audace, aucune, je suis éprise
De cette rage d'avancer, d'abattre les obstacles!
Une délicieuse douleur se répand par miracle...

Celle du supplice de voir s'effondrer les façades
D'une brique à l'autre, le mur s'érige, inébranlable
Aucune surprise dans ce poing factice sur la table
Son cri n'est que tromperie car tout en lui est fade

L'humain se trompe en d'inutiles et vaines batailles
Est-ce courage face à des moulins aux multiples failles ?
Risibles et amers, nous voilà dans l'Humaine Condition
Dans cette supplique irritante, en un déni de Raison !

Le cœur se souvient alors et encore se supplie
D'oublier alors, d'oublier encore qu'il est meurtri
Aux armes mes Frères ! Devant l'absurdité du sort !
Depuis quand est-ce que vivre Signifie notre mort ?

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Là ! Des rives, et…

Publié le par SILYA

Tout au creux de sa chair palpitait cette envie insatiable de corps.

Sa vie n’était teintée que par le sexe et elle ne cessait de s’impatienter dans toutes les particules de sa chair. En attente de cette moiteur, là où l’on s’engouffre, au moment où on la dépossède d’elle-même ne serait-ce que pour un temps… Ne serait-ce que pour quelques miettes de plaisir.

Elle multipliait les conquêtes masculines, ne prenant même plus le temps de jouer la carte de la soumission naïve. Elle leur fondait dessus, comme s’ils n’étaient que des jouets, présents et à sa disposition pour assouvir ses pulsions.

Elle s’embrasait avec des phantasmes dont elle repoussait, à chaque fois, les limites et creusait dans sa chair ce goût d’assouvissement et… de dégoût.

Plus elle en avait, et plus elle se sentait en manque. Prise dans son addiction, à force de collectionner, de passer de l’un à l’autre, elle n’était que rarement satisfaite et il lui en fallait toujours plus.

Elle qui s’était promise à un seul homme, à n’avoir raison et corps que pour lui… Une fois seule et abîmée, il ne lui restait plus rien de son identité.

Alors… pourquoi se soucier de l’image du corps ?

Elle avait envie de leur sexe, de ce moment unique où Elle sentait, dans la première pénétration, ce souffle de vie qui lui emplissait le corps. Elle, si amère et vide… Elle ne vivait plus que pour ces quelques secondes de satisfaction éphémère. Tout lui laissait un goût amer, mais Elle ne laissait plus ses yeux pleurer et se perdre dans l’oubli de l’âme. En quête d’un je ne sais quoi, Elle parcourait les corps et s’éloignait alors de plus en plus.

Elle avait perdu l’Unique, alors Elle se perdrait dans la multitude.

Elle se vengeait d’un homme qui l’avait oubliée, Elle se vengeait de son propre corps qui l’avait trahie… Et Elle le pousserait à bout, pendue à ces membres inconnus.

Elle ne supportait plus les soirées, seule avec ses frustrations. Elle sortait pour que l’on pénètre en Elle, Elle s’évadait pour s’enchaîner à des corps, Elle errait, son âme au loin, Elle s’abandonnait pour mieux se trahir et fuir pour ne plus y assister.

Et on la voit, au bord de ses lèvres, on la voit qui jubile de ce mal, on la voit avec ses yeux dans le vague et, Elle… ne voit plus rien. Elle s’est brûlé les ailes au moment où son corps voulait rouvrir les yeux. La marche arrière lui était désormais interdite, condamnée à l’amertume d’une jouissance bien trop brève - pour peu qu’elle l’atteigne…

Bizarrement, certains tentaient de s’accrocher à elle, ils étaient attirés par sa souffrance, ils étaient affublés de cette tendance suicidaire et ils l’attachaient à leurs problèmes, sans même se soucier des siens ni même d’Elle et de sa vie… Ils voulaient la faire se contorsionner en Bouée de Sauvetage… Presque encore humaine… Du moins, elle en avait encore l’aspect.

Elle jouait le jeu comme l’on regarde, médusé et abruti, la télévision tout en la critiquant allègrement, Elle le faisait un petit moment et puis… Et puis la Bouée se crevait dans un sifflement strident, tout son être hurlait, enchaîné aux problèmes des autres, alors Elle se transformait en Bombe à Retardement Massive, prête à exploser vraiment, prête à les piétiner jusqu’à ce que l’agonie s’en suive. Elle implosait, les piétinait à coup de maux dans le cœur et ils s’enfuyaient, bien contents que la porte claque derrière eux.

Les hommes lui semblaient faibles et elle désirait les achever avec le poignard qui se terrait au beau milieu de ses mots.

Elle emmagasinait en elle tous leurs problèmes, jusqu’à connaître parfaitement la faille qui faisait suinter leur cœur. Ainsi quand Elle en avait marre, Elle leur balançait ses mots et Elle savait qu’ils les touchaient au plus profond de leur fierté.

De débauche en désillusion, l’ange se fane, le regard devient terne.

Elle le croisait parfois, Lui et son Bonheur, Lui et sa Nouvelle Vie. Cela faisait bien trois ans qu’ils n’étaient plus unis et lorsqu’il l’apercevait, un voile obscurcissait ses yeux. Il baissait la tête, il la connaissait par cœur et pouvait la voir sans vraiment regarder, elle qui avait été et qui n’était plus rien. Son cœur soupirait et il était pour une autre.

Et elle, Elle… Elle s’enfuyait pour ne pas avoir ces souvenirs qui transpercent son cœur.

Elle tournait les talons, appelait l’un de ses amants et s’envoyait en l’air pour ne plus jamais savoir atteindre son cœur.

Elle n’a jamais su lui dire… Lui dire qu’il avait gardé son cœur, qu’il n’avait jamais voulu de son corps et c’était là, la dernière chose dont elle disposait. On pourrait même dire qu’elle le rentabilisait de ses années de frustrations où elle n’apprenait qu’à réfréner ses envies et cette part physique de son Amour. Où son énervement et sa haine des autres et d’elle-même était inversement proportionnel au désir habitant le cœur de son ancien amour. Lentement, insidieusement… progressivement… plus son désir pour elle déclinait… plus sa fureur, à Elle, augmentait. Il fut un temps, pourtant, un long moment de leur histoire où l’équilibre existait avant de se mouvoir dans un quotidien où seuls son amour pour lui et sa raison lui servaient de soupape. Il fut un temps, pourtant où cela ne put plus tenir et où le corps envoya tout valser !

Elle l’avait fait au départ pour se venger, pour lui prouver que d’autres hommes savaient apprécier ce que son corps avait à offrir et que d’autres étaient capable d’être empli de désir pour Elle ! Elle a fini par mêler son corps à celui d’un autre… et cela fut tout d’abord grandiose ! Libérateur ! Elle pouvait enfin se sentir vivante, désirée… existant complètement ! Mais son cœur, au même moment, explosait en mille morceaux pour Lui, en pensant à cette trahison… Au fait que cela signerait la perte de son Amour. A présent, elle récoltait de l’ennui et de la solitude, exacerbée. Elle avait ce sentiment d’avoir tout fait pour gâcher son bonheur et flétrir sa vie alors qu’elle pensait enfin la vivre.

Comment survivre ?

Malgré tout, il lui restait encore quelques amies qu’elle voyait à l’occasion, surtout dernièrement. Elles s’étaient éloignées par leurs relations respectives et elles s’étaient retrouvées au travers des douleurs qu’elles avaient connues dans des temps rapprochés, leur permettant de comprendre et de répondre aux maux de chacune. Elles se voyaient à certaines occasions… dehors, chez l’une, chez l’autre. Parfois elles décidaient de partir « loin de tout ça »… pour un soir, un week end ou plusieurs jours avec l’espoir que cela ne finisse jamais. Elles sortaient ensemble de leur quotidien… elles se lançaient des défis puériles afin d’échapper à leur propres « étiquettes ». La plus timide pouvait alors devenir celle qui gueule le plus fort et va à la rencontre des inconnus… la plus délurée pouvait être celle qui protège et arrondi les angles en cas de débordements. Au final, chaque rôle pouvait être investi et chaque rôle se répartissait naturellement et différemment. Cela aurait pu être idyllique mais cela ne pouvait jamais durer au-delà de leurs virées. A chaque retour, chacune reprenait ses valises et s’engluait dans son quotidien.

Une soirée se préparait… une soirée regroupant des amis, des amis d’amis et ainsi de suite. Elle ne se sentait pas d’humeur festive mais, un de ses amants ayant annulé leurs plans ce même soir, elle s’y rendit. Fuyant encore et toujours la solitude qui ne la quittait jamais. Elle se sentait triste et épuisée mais elle voulait malgré tout se détendre, revoir d’anciens amis, retrouver le rire et la sensation habitant les bonnes soirées. Elle voulait sortir de toutes ses plaintes concernant la vie qu’elle s’était créée.

Elle y arriva donc et fit le tour des visages connus. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu’Elle n’avait pas vu la plupart d’entre eux. Pendant que ses amies avaient renoué avec leurs amis et potes, Elle s’était contentée de se rapprocher seulement de celles-ci. Elle discutait avec les uns et les autres, Elle « rattrapait le temps perdu » avec certains en échangeant les banalités coutumières. Elle avait du mal à se « remettre dans le bain » mais petit à petit Elle arrivait à se détendre à nouveau.

Lors de la soirée, pourtant, son regard se figea. Elle venait d’apercevoir quelque chose de l’ordre de la vision : Ce n’était d’abord qu’une simple silhouette un peu pulpeuse et attirante. Mais quand elle vit le visage de cette personne elle en resta interdite, ne sachant plus ni penser, ni parler. Elle était sublimée par cette femme qu’elle n’avait jamais vue auparavant, et son cœur battait à tout rompre !

Cet organe qu’elle pensait éteint à jamais se réveillait devant cette apparition... Elle ne voulait pas se réveiller, surtout pas !

Une de ses amies fit, mine de rien, les présentations. Cette jeune femme était sa nouvelle collègue de boulot, elle venait de s’installer en ville et elle se nommait Elisa. Elle fixait toujours Elisa qui lui souriait de façon resplendissante mais quelque peu intimidée. Elle osa enfin s’approcher et la saluer. Puis Elle reprit le cours de la soirée, en tentant d’éloigner cette impression… Le plus loin possible.

Cela lui semblait finalement impossible et les yeux de cette femme brillaient avec une infinie douceur. Les traits de son visage invitaient aux caresses, la courbe de ses lèvres n’attendait qu’à être goutée et son corps, orné de ses courbes sensuelles était une promesse pour des délices sans fin. Tout cela, en cet être, faisait craquer son cœur et il l’implorait de traverser sa poitrine, de sortir pour rejoindre ce cœur, en face et seulement pouvoir battre tout contre lui. Ne faire qu’Un.

Elles ne se quittèrent pas des yeux de la soirée, au départ, chacune dans son coin dans des petits coups d’œil furtifs puis, se rapprochant l’une de l’autre, au fur et à mesure…

Elle buvait mais cette rencontre l’enivrait déjà, seulement pas assez pour ne plus comprendre, juste assez pour ne plus réfléchir et se donner du courage.

Elle dansait, s’abandonnant entièrement à la musique, les yeux fermés. En elle, une vanne était en train de tourner, laissant échapper ses déceptions et ses rancunes tandis que chaque mouvement de son corps se calquait aux instruments, aux notes des différentes chansons qui étaient imprimées dans son être. Les premières notes de “ Even Angels Fall ” des Cruxshadows, résonnaient à ses oreilles, elle était prête à en perdre la tête…

Elle rouvrit alors les yeux, subjuguée par l’émotion des violons, l’alcool circulait dans ses veines… Le regard d’Elisa, juste en face d’elle, à quelques centimètres de son corps n’apportait que plus de sensations à cette approche inhabituelle. Un moment doux… langoureux, soutenu par des airs connus par cœur. Envoutante, elle la regardait et l’interrogeait par son regard…

Elisa s’approcha plus près d’Elle, Elle la laissa venir, retenant les tremblements de son corps, son cœur à bout de souffle, tout culminait dans son esprit, débordé par les évènements. Elle désirait seulement se laisser aller… Elles dansèrent tout doucement, enlacées jusqu’à la fin de la soirée, Elle la guida sur la musique tout en caressant tendrement son corps.

Une fois la soirée terminée, Elle l’emmena chez elle. Quand la porte fut fermée, elles scellèrent leurs lèvres, les unirent, ici, pour la première fois. Loin des regards, loin de leur jugement. Deux êtres seuls et libres de s’abandonner.

Elisa découvrit cet appartement qui était un lieu empli de sensualité. Tout, ici, amenait à l’effusion des corps, à l’embrasement de la chair. C’était un antre de volupté qui invitait aux rencontres charnelles.

Elles s’installèrent sur d’énormes coussins qui jonchaient le sol, après s’être servie du vin et avoir mis de la musique en fond… accompagnant leurs mots en ces premiers instants…

Elles passèrent la nuit ainsi, à parler d’elles, de leur vie… Découvrant les brûlures et les joies, les hasards désarmants, les prises de conscience et les fuites. Elles vibraient dans le récit de l’autre, elles savouraient les mots, les sensations avant de découvrir une renaissance dans les bras, l’une de l’autre.

Elisa lui contait ses peines, elle n’avait été qu’avec des femmes, n’ayant vu dans les hommes que des amis ou des rivaux... Mais celles-ci ne s’étaient pas intéressées à celle qu'elle était vraiment et qu’elle voulait être. Ce n’était que des passades et souvent son cœur avait été meurtri de croire en des mots illusoires. Elle lui disait ainsi, que son souffle de vie c’était les mots mais que beaucoup de femmes s’étaient jouées d’elle aux moments où elle désirait ouvrir son cœur.

Elles finirent leurs récits dans le silence, grisées par l’alcool, par le fait d’avoir enfin trouvé quelqu’un avec qui Partager… Leurs yeux brillaient d’envie et de douceur. Elles allèrent dans la chambre, l’encens embaumait l’air d’une douce senteur. Il faisait chaud, elles étaient nues et goûtaient à la fraîcheur des draps. Pour la première fois depuis des années, Elle ne pensait plus à la nécessité du sexe, Elle regardait Elisa comme un être précieux, un alter ego rassurant, lui renvoyant un reflet où l’espoir est permis. Elle était émerveillée d’avoir croisé cet être singulier. Elle la serrait dans ses bras, Elle ne se sentait plus seule grâce à ce contact. Elle était enfin une personne et non plus un simple corps à usage unique que l’on prend et jette lorsque les envies se font sentir…

Elles s’endormirent à l'abri dans les bras l’une de l’autre, en formant un cocon chaleureux pour lequel elles avaient survécu dans leurs rêves quelques années, suffocant de solitude… Elles pouvaient enfin respirer. Leurs battements de cœur, étaient une berceuse qui, l’instant d’une nuit, d’une rencontre entre deux vies, effaçait leur douleur.

Cette rencontre lui apprit la Jouissance, la légèreté de l’envol dans ce ciel autrefois si lointain, et longtemps refusé… Ce simple instant échangé avait ravivé en Elle ses attentes et ses espoirs.

Elle regarde son passé, elle en sourit… de sa jeunesse, de ses déboires… Ses expériences passées lui montrent que ce qu’elle pensait avoir eu avec Lui était certes une belle complicité entre deux êtres mais certainement pas un amour absolu. Que vivre avec une personne c’est un tout où le compromis n’inclut pas le déni d’une partie de soi et de ses envies. Se perdre dans le sexe était sa façon de se déconstruire et Elisa a marqué le tournant lui permettant de se réapproprier sa vie.

A présent, elle sort, profite de la musique, de danser… de rencontrer des gens et d’échanger des points de vue. Cette histoire l’a métamorphosé tel un phœnix renaissant de ses brûlures antérieures. Entre Elle et Elisa, il n’a jamais été question d’amour mais d’une profonde amitié, de celle que l’on ressent pour ceux qui nous ont accompagnés à un tournant important de notre vie.

Son cœur n’a pas éclaté en mille morceaux et il ne s’est pas éparpillé au grès du temps comme Elle le craignait… Il s’est reconstruit peu à peu… il s’est même développé et ouvert aux autres.

A présent, elle ne se sent plus déchue, elle trébuche encore mais bien loin au-dessus de nos têtes, elle est prête à s’envoler au-delà de toute considération humaine, là où voguent tous ces sentiments qui peuvent nous faire vibrer.

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